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Atelier de discussion philosophique pour enfants et adolescents

 Université populaire de Caen

 

Séance du mardi 30 mars 2004

 

 

Le point de départ fut constitué par la page centrale du carnet de correspondance d’un des collégiens présents. Conformément aux décisions prises précédemment, les enfants purent proposer soit des questions inspirées par ce document, soit d’autres, librement inventées. 

A cette date, certains des enfants les plus assidus n’ont jamais travaillé sur le texte de Lipman  « Kio et Augustine », qui a été le point de départ au questionnement que j’ai proposé au mois d’octobre…

 

Questions proposées à partir du carnet de correspondance :

 

  1. Quelle est la différence entre le devoir et le droit ?
  2. Qu’est-ce que le respect ?
  3. Que doit être une tenue correcte ?
  4. Sommes-nous tous responsables ?
  5. Doit-on se restreindre sur les vêtements que l’on porte au collège ?
  6. Pourquoi certaines personnes n’arrivent-elles pas à s’exprimer ?
  7. Par rapport à quoi choisissons-nous notre métier ?
  8. Pourquoi les adultes sont-ils malheureusement supérieurs aux enfants ?
  9. Doit-on, au collège, respecter les personnes même si elles ne nous respectent pas ?
  10. La ponctualité est-elle une forme de politesse ?

Questions proposées sans support :

  1.  Pourquoi avons-nous tous des goûts différents ?
  2.  Pourquoi fait-on des blagues sur les blondes ?
  3.  Pourquoi choisissons-nous un métier et pas un autre ?
  4.  Pourquoi l’art moderne est-il décrié ?
  5.  Qu’est-ce que c’est d’être mature ?
  6.  Pourquoi l’école est-elle obligatoire ?
  7.  Pourquoi a-t-on de la pudeur ?
  8.  Pourquoi sommes-nous tous différents ?

 

 

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QUESTION RETENUE APRES LE VOTE : 

 

Les enfants ont voté en fermant les yeux, pour ne pas être influencés par les votes de leurs camarades. Cette disposition avait été proposée par l’un d’entre eux la semaine précédente, et acceptée par tous…

 

Pourquoi les adultes sont-ils malheureusement supérieurs aux enfants ?

  

Olivier définit la supériorité de l’adulte en ce qu’il affirme savoir à la place de l’enfant ce qui est bon pour lui. Il se sent supérieur, et en donne des raisons : j’ai fait ceci ou cela, j’ai tel âge, telle expérience… Virginie indiqua qu’elle n’avait pas trop compris. Pour elle, l’adulte pense qu’il a eu plus le temps de vivre. Olivier n’est pas du tout d’accord avec ça. Il affirma à nouveau que certains adultes se mettent au-dessus des enfants parce qu’ils croient savoir ce qui est bon pour eux.

Léa revint alors à la question et y apporta ses réponses, en disant que les adultes sont plus âgés, plus grands, qu’ils peuvent mieux expliquer les choses. Elle ajouta que ce sont les adultes qui enseignent à l’école, qui font les métiers… Les enfants sont encore en train d’apprendre la vie, alors que les adultes savent déjà beaucoup de choses que les enfants ne savent pas encore.

Hélène demanda alors ce que c’est que d’être adulte. L’est-on à partir de 18 ans ? Pour Olivier, 18 ans c’est un peu jeune. Et c’est plutôt une question de maturité. Il faudrait plutôt attendre 20 ans. Il considère aussi qu’un adulte, c’est quelqu’un qui s’occupe des enfants. Mais finalement peu satisfait de cette définition, il déclara : « Non je retire ».

Anne-Lise pense, elle, que quelqu’un qu’on ne connaît pas connaît pas peut nous considérer en fonction de notre physique. Donc, même si on est mature, cette personne va nous voir comme un enfant et avoir cette réaction de supériorité.

Hélène se montra en désaccord avec les limites d’âges données par Olivier. Pour elle, à 18 ou 19 ans, on peut être mature. Mais Virginie estima qu’à 18 ans on ne sait pas encore comment gérer un enfant, savoir ce qu’il faut lui dire de faire, de ne pas faire. Mais pour Maïssane,  on peut être mature avant d’avoir un enfant. De même, ajouta Léa, quand on a un enfant, quand on est adulte, on n’est pas forcément mature. Pour elle, on est adulte vers 30 ans – 20 ans c’est trop jeune. S’adressant à elle, Olivier lui dit qu’elle n’était pas d’accord avec lui, parce que aux yeux de la loi, à partir d’un certain âge, on considère les gens comme adultes. Mais lui, faisant allusion à la discussion de la semaine passée, dit qu’il ne lui semblait pas que quelqu’un qui boit est un adulte, un adulte responsable.

Hélène manifesta alors à nouveau son désaccord sur ces limites d’âge. Pour elle, la maturité dépend des personnes, de ce qu’ils ont vécu. Certains sont matures à 19 ans, d’autres à 35, d’autres ne le seront jamais. Maïssane l’interpella alors pour lui signifier que c’était précisément ce qu’on avait dit, alors qu’elle se déclarait en désaccord …

Toutes ces questions d’âge et de seuil ne semblèrent pas convenir à Léa, qui nous dit qu’on s’éloignait du sujet principal, ce qui n’empêcha pas Maïssane de poursuivre sur la même thématique en disant qu’il y a des enfants de 13 ans qui peuvent être très matures, parce que leurs parents ne sont jamais là et qu’ils doivent se débrouiller seuls. Pour Olivier cependant, être capable de se débrouiller seul n’est pas suffisant. Il faut aussi être conscient du monde qui nous entoure. Pour lui, donc, d’autres critères sont nécessaires pour déclarer que quelqu’un est mature. A Maïssane, qui demandait lesquels, Olivier ne put en donner d’autres. Virginie, Maïssane et Hélène se montrèrent d’ailleurs en désaccord avec Olivier, disant que le fait de se débrouiller seul était suffisant et que certains enfants, même jeunes, peuvent se montrer ouverts sur le monde, en particulier s’ils vivent dans des conditions difficiles (les enfants d’un couple d’aveugles par exemple, qui doivent apporter une aide importante à leurs parents).

Pour Anne-Lise, être adulte, c’est aussi avoir des responsabilités. Un adulte peut être supérieur à un enfant par rapport à ses connaissances ; les grands-parents, par exemple, ont tellement de connaissances... Mais, dans ce cas, c’est un sens positif de la supériorité. Hélène ajouta que, pour elle, les adultes sont supérieurs aux enfants parce que certains ont voyagé, qu’ils ont fait de nombreuses expériences, etc. Dans le même sens, Virginie dit que les personnes âgées ont vécu plus longtemps que les enfants, qu’elles ont connu la guerre par exemple, que tout ça leur a appris des choses. Elle ajouta que le fait d’être ouvert au monde permet de mieux connaitre les gens… Maïssane conclut en disant que  si les grands-parents ont connu la guerre, ils peuvent avoir plus de connaissance que les enfants, qui apprennent les mêmes choses dans les livres.

 

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Ont distribué la parole :

Pour la partie questionnement : Anne-Lise

Pour la partie vote : Olivier

Pour la partie discussion : Virginie

 

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