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Université populaire de Caen
Cette
année, les compte-rendus de discussion ne seront pas systématiques.
J’indiquerai cependant, pour chaque séance, au minimum : le support
utilisé, la liste des questions proposées et celle qui aura été choisie pour la
discussion.

Les enfants
ont souhaité que l’on se passe désormais du texte. Le fonctionnement retenu par
l’ensemble du groupe est le suivant : les participants qui le désirent
apportent un objet. Parmi ceux qui sont proposés, on en choisit un. Les
questions pourront soit être inspirées de cet objet, soit être des questions
« libres ».
Aujourd’hui, Olivier a proposé de réfléchir à
partir d’une montre.
Questions « libres » :
QUESTION RETENUE APRES LE VOTE :
Les religions servent-elles à quelque chose ?
Antoine commence par nous dire que, pour lui, une religion c’est une croyance qu’exerce une personne. Pour Louis, c’est une perte de temps, c’est accepter que quelqu’un qui n’existe pas nous dise ce qui est bien et ce qui n’est pas bien, par exemple ce qui est écrit sur les tables de la loi de Moïse. Mais pour Antoine, les gens font ce qu’ils veulent.
Louis dit qu’on croit aveuglément, qu’il trouve cela assez stupide, car c’est peut-être un type un peu malade qui a inventé Dieu un jour ; il trouve ça pas très intelligent de suivre quelqu’un qu’on ne voit pas, qu’on ne connaît pas. Léa pense qu’on peut quand même croire en un dieu, même si on ne le voit pas.
On se demande ensuite s’il y a plusieurs sortes de religions. Hugues en cite : hindouisme, bouddhisme, et le christianisme qui regroupe religions qui croient en un seul dieu. Louis objecte que pour les chrétiens ce dieu a donné des lois ; par exemple, les curés n’ont pas le droit d’avoir des enfants, les pasteurs oui, ce qui prouve bien que chacun interprète comme il veut.
Dans la discussion qui suit, entre Léa, Olivier, Hugues et Louis, on se demande s’il existe plusieurs sortes de dieux, qui correspondraient à ce qu’on nomme monothéisme et polythéisme, et où il faudrait classer l’animisme. A ce propos, on souligne aussi le fait que des objets représentent des dieux, même dans la religion chrétienne, qui semble pourtant l’interdire.
Venant ensuite à la question principale, Léa affirme que les religions servent à faire la guerre : des personnes qui croient en un dieu font la guerre à ceux qui ne croient pas, ou croient à un autre dieu. Hugues nuance cela en disant que les religions provoquent la guerre, mais qu’elles ne servent pas à ça. Louis demande « A quoi servent-elles alors ? » Plusieurs participants indiquent que les humains ont eu besoin de croire en quelque chose pour vaincre leur peur de la mort. Ce serait donc pour avoir un soutien moral. Léa demande si les religions serviraient à renaitre après la mort. Antoine lui répond qu’elles servent seulement à le croire.
Louis reprend la parole et dit que, pour lui, la religion a été inventée pour pouvoir mettre la faute sur quelqu’un d’autre. Par exemple, les Gaulois avaient un dieu de la guerre, et s’ils perdaient, c’était d’après eux parce que le dieu de la guerre les avait abandonnés, et pas parce qu’ils manquaient de tactique ou de force. Olivier ignore quant à lui si elles ont été créées pour ça, mais maintenant, pensent-ils, les religions servent à certaines personnes pour se mettre au dessus des autres.
Suivent quelques échanges entre Louis, Léa et Olivier, tentant de décrire la situation du clergé au Moyen-Age à l’appui de leurs propos, mais ils finissent par y renoncer. Louis donne alors un nouvel exemple « médiéval » à l’appui de sa thèse de culpabilisation d’autrui : un paysan ne sait pas du tout qu’il a commis un péché, mais il se rend compte un jour qu’il a une moins bonne récolte qu’avant. Il se dit, j’ai du faire un péché, et Dieu me punit. « C’est à ça, conclut-il, que servent les religions : à rejeter la faute sur quelqu’un d’autre. »
Olivier demande alors si un des participants est croyant ici. Simon répond qu’il l’est, mais qu’il ne pratique pas. Il affirme avoir décidé de l’être, que ce n’est pas l’idée de ses parents, même s’ils le sont aussi. A la question d’Hugues sur ses raisons, il répond que c’est mieux que de ne pas croire, et que c’est un soutien moral. Satisfaction d’Olivier, et félicitations à Simon, car « C‘est la première fois que quelqu’un ose dire qu’il est croyant ici. » Le groupe échange alors avec Simon pour savoir ce qu’il pense de l’histoire sainte, de Jésus. Il réplique qu’il trouve cela « intéressant », que ça l’intéresse de savoir ce qu’a fait l’homme qui s’est prétendu le fils de Dieu, tout en avouant ne pas savoir si celui-ci était vraiment le fils de Dieu ou un simple prophète.
A la question d’un des participants, plusieurs d’entre eux disent être baptisés, sur le choix de leurs parents. Simon affirme qu’il n’aura pas la même attitude, qu’il juge ridicule et que s’il n’était pas baptisé, il ne choisirait pas de l’être maintenant.
Hélène demande alors si, dans certaines familles, c’est tabou, la religion. A ma demande, elle précise que ce seraient des familles où il ne faudrait pas trop en parler.
Mais Olivier et Léa poursuivent leur enquête, demandant si les uns ou les autres sont croyants, et si certains croient que les objets pensent. Répondant à la première question, Hugues dit qu’il croit en quelque chose, mais qu’il ne sait pas vraiment en quoi, parce qu’il y a beaucoup de questions sans réponse. Il ajoute qu’il ne s’est pas vraiment identifié à une religion.
Olivier fait alors préciser la question de Léa : que les objets pensent ou qu’ils ont un esprit ? Elle confirme que sa question portait sur cette dernière possibilité.
Mais l’heure tourne, et je reviens néanmoins sur la question d’Hélène, qui n’a reçu aucune réponse. Léa demande alors ce qu’est un tabou. On lui explique, mais la question d’Hélène ne trouve pas d’écho. C’est alors elle-même qui y répond, en disant que, dans certaines familles, il ne faut pas dire n’importe quoi là-dessus. Elle indique qu’il y a plusieurs religions dans sa famille, et que ça crée parfois des difficultés.
Des sujets évoqués dans la discussion mériteraient un
approfondissement :
· Pourquoi se bat-on pour des religions ?
· Un sujet tournant autour de l’influence des parents, de l’école, ou demandant par quoi on peut être influencé, et dans quels domaines.
· Y a-t-il des objets qui peuvent représenter certaines choses ?
Ont distribué la
parole :
Bilan de la séance :
Le fonctionnement adopté (pas de
recours au texte, apport et choix d’un objet par les participants, possibilité
de poser des questions inspirées par l’objet et des questions libres) est
reconduit. On propose simplement que, plutôt que des objets, on puisse prendre
des mots comme point de départ du questionnement. A tester lors de la prochaine
séance.
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